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Gouvernement : Les non-dits de la démission de Cheick Sako (Par Mohamed Bangoura)

GUINÉE  /  28 May 2019

Le garde des sceaux guinéen Me Cheick Sako, a donc jeté l’éponge le 20 mai 2019 après avoir servi cinq ans six mois loyalement le locataire de Sékoutoureya et la Guinée.

Si le ministre démissionnaire, a justifié entre autres motifs, sa décision par son opposition à toute modification ou changement de constitutionnel ou encore de n’être pas associé à l’élaboration d’une nouvelle constitution en sa qualité de Garde des sceaux guinéen, il faut dire que, depuis plusieurs mois, ce n’était plus le parfait amour entre l’ancien bâtonnier de Montpellier et celui qui l’a nommé sur recommandation de celui qui vient de le succéder comme intérimaire, le magistrat Mohamed Lamine Fofana, un ami du Président Condé.

Même si le premier bras de fer entre le Pr Condé et l’avocat Sako, remonte à la signature du statut particulier des magistrats, signature obtenue au terme d’au moins deux discussions parfois houleuses entre les deux, il y a lieu de s’interroger sur ce qui a bien poussé, l’homme en robe noire, de tout abandonner, étant à bout de souffle, face au dernier dinosaure politique de la sous-région.

Selon certaines indiscrétions, plusieurs raisons, non évoquées dans le courrier adressé au chef de l’Etat guinéen, expliqueraient ce qui semble être un coup de massue aux yeux de l’opinion.

Au nombre de ces motifs, il y a :

1-Le dialogue politique : le ministre démissionnaire n’a jamais digéré qu’il ne soit pas soutenu par le chef de l’Etat face à la furie des opposants et son remplacement à la tête du comité de suivi des accords par son homologue de l’administration du territoire, le dialogue qui a suivi son éviction ou son rejet par la classe politique

2- Le cas Kêlêfa Sall : si l’avocat exprimait son désaccord face à certains actes que l’ancien président de la cour constitutionnelle posait à la tête de l’institution, Cheick Sako n’a pas aimé la façon dont l’exécutif s’est débarrassé de ce magistrat devenu trop encombrant et dérangeant.

3- Le bras de fer avec l’honorable Amadou Damaro Camara : c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Se sentant seul, mais soutenu par ses magistrats, sans trop de poids face à Alpha Condé,

Cheick Sako a bataillé seul contre tous, dans ce combat contre le Président du groupe parlementaire RPG arc-en-ciel. La suite, on la connait.

Enfin, la raison relative à l’élaboration d’une nouvelle constitution, sans qu’il ne soit associé, semble moins soutenue, puisse qu’il en a été informé plutôt que l’opinion. Certes, la forme n’y est pas, mais le fond, c’était dans les tuyaux.

Le ministre Sako était donc à bout de souffle et a préféré prendre les devants face à un éventuel et imminent remaniement ministériel en cours à Sèkhoutoureyah.

L’avenir nous édifiera !

Par Mohamed Bangoura