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Sidya Touré, Bah Oury, Fodé Oussou et l'Avocat de Cellou Dalein condamnent l'attaque du siège de la MAOG: «C’est illégal et inacceptable»

GUINÉE  /  18 Jun 2019

Colère du président de l’UFR suite à l’irruption hier dimanche de la police au siège de la Maison des associations et ONG de Guinée.

Sur sa page Facebook, l’ancien premier ministre réprouve ce qu’il qualifie d’invasion des forces anti-émeutes au siège de la MAOG, à Conakry.

L’opposant dénonce cette incursion et affirme que les jeunes du quartier qui abrite la MAOG, ont répondu de façon adéquate à cet envahissement.

« Nous condamnons fermement l’irruption des forces de l’ordre à l’intérieur du siège du mouvement des associations et ONG de Guinée. C’est illégal et inacceptable. Les jeunes du quartier, ont donné la réponse idoine spontanément. Nous restons vigilants et mobilisés. #AMOULANFE », lit-on sur sa page Facebook.

Hier dimanche, alors que les opposants à une nouvelle Constitution, étaient réunis pour le lancement d’une nouvelle plateforme, afin de renforcer davantage leur combat, ils ont été dispersés et gazés à coup de bombe lacrymogène.

Ce coup de force qu’on attribue à la volonté du pouvoir de Conakry, de réprimer toute voix discordante, est abondamment commenté dans l’opinion.

Joint par notre rédaction ce lundi, le député de l’UFDG, Dr Fodé Oussou Fofana, a affirmé que cette situation n’est assimilable qu’à celle d’une jungle.

« Il faut déplorer et condamner avec la dernière énergie, ce qui s’est passé hier à la maison des associations. C’est comme si nous ne sommes plus dans une République, mais plutôt dans une jungle. Ce qui s’est passé, exprime la panique totale des gens qui vendent le projet de nouvelle Constitution. S’ils pensent que c’est avec cette manière qu’ils peuvent intimider les gens, c’est peine perdue. L’évènement d’hier, se tenait dans un lieu connu, ça ne se faisait pas dans la rue. Mais comme ils sont paniqués et troublés, ils viennent s’attaquer aux gens. L’objectif était d’intimider », a-t-il fustigé.

Le vice-président de l’UFDG a, par ailleurs, exprimé sa volonté de l’ouverture d’une enquête dans l’éventualité de situer les responsabilités dans cette affaire.

24 heures après l’attaque du siège de la MAOG, à Yimbayah permanence, le président du mouvement UFDG-renouveau, joint par notre rédaction ne passe pas par le dos de la cuillère.

Bah Oury affirme qu’il ne s’agit là que d’une agressivité sans fondement valable.

« Je considère que cela comme une provocation parce que c’est à l’intérieur d’une concession privée. Elle est comme une chancellerie qui bénéficie d’une certaine forme d’extraterritorialité. Donc, venir jeter des grenades lacrymogènes à l’intérieur, est une violation des textes de lois et c’est aussi une provocation grossière. De l’autre côté, la réaction de la population a été salutaire, parce que c’est elle qui s’est dressée pour empêcher les forces de l’ordre de pénétrer à l’intérieur et à user des moyens qui lui sont propres, afin de dissuader et de faire reculer. Ceci devrait être une leçon pour tous et que notre pays n’a pas intérêt à aller dans le sens d’une exacerbation des violences, mais au contraire, prêcher la retenue et la pondération surtout du côté de ceux qui ont une parcelle d’autorité publique à l’heure actuelle », estime Bah Oury

Interpellés au siège de la maison des associations et ONG de Guinée, hier dimanche, 17 juin 2019, deux jeunes leaders d’opinion, seraient détenus depuis, à la DPJ, par les services de sécurité.

Contacté à propos, l’avocat du front national pour la défense de la constitution (FNDC), Me Salifou Béavogui, dénonce une entrave à la liberté d’opinion, avant d’exiger leur libération immédiate.

« Je proteste contre l’arrestation arbitraire d’innocents et je demande à Monsieur le procureur du tribunal de première instance de Mafanco, d’ordonner leur mise en liberté immédiate, parce que c’est une violation de leurs droits et de la liberté d’expression », a-t-il précisé.

Selon lui, un collectif d’avocats aurait même été constitué, pour exiger la libération immédiate de ces jeunes leaders.

« Il n’y a pas matière à poursuivre, donc on n’a même pas besoin d’engager de poursuite », a-t-il fait savoir.

Avec Mosaique Guinée