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Les élections en Argentine en trois questions

AFRIQUE & MONDE  /  26 Oct 2019

Les Argentins vont voter ce dimanche pour l'élection présidentielle mais aussi législatives et sénatoriales partielles. Des scrutins qui interviennent dans un contexte de grave crise économique et sociale. L’inflation et la pauvreté ont fortement augmenté.

► Quelles sont les chances de réélection de Mauricio Macri ?

Le président Mauricio Macri est candidat à sa réélection et, si l’on en croit les sondages publiés ces dernières semaines, l'actuel dirigeant ne part pas en bonne position pour ce dimanche. Le président de centre-droit, qui est très critiqué pour sa gestion de la crise économique, est crédité de 30 à 35 % des voix, contre 50 % pour son principal adversaire, le péroniste Alberto Fernández.

Lors des primaires obligatoires en août, une sorte de répétition générale de la présidentielle, Alberto Fernández avait obtenu 49 % des voix, devançant de 15 points Mauricio Macri. Si cette tendance se confirme, cela voudrait dire que Alberto Fernández pourrait être directement élu ce dimanche. Car en Argentine, il suffit qu’un candidat obtienne 45 % des voix pour qu’il soit élu dès le premier tour.

► Faut-il craindre un retour du péronisme ?

Le péronisme, c’est ce large mouvement politique argentin, peu indéfinissable tant il rassemble en réalité de nombreux courants. C'est un mouvement populaire qui a notamment été au pouvoir pendant douze ans entre 2003 et 2015 pendant les gouvernements de Néstor Kirchner d’abord, puis de son épouse Cristina Kirchner. L’ex-présidente de gauche apparaît aujourd’hui sur le ticket d’Alberto Fernández, en tant que candidate à la vice-présidence.

Elle a choisi de se mettre en retrait pour cette élection car elle sait que sa personnalité est particulièrement clivante. Beaucoup d’Argentins lui reprochent notamment son implication dans de nombreux scandales de corruption. Cristina Kirchner est actuellement mise en examen dans treize affaires.

► Quelle est la situation dont va hériter le prochain gouvernement ?

L'Argentine est au bord du gouffre économique. Avec 55 % d’inflation, un taux de chômage en forte augmentation, 35 % des Argentins qui vivent sous le seuil de pauvreté, le prochain président va devoir faire face à une situation critique. Alberto Fernández a promis des investissements dans le secteur de l’éducation et de la recherche scientifique, mais dans les faits, s’il est élu, il aura bien peu de marge de manœuvre pour tourner le dos aux politiques d’austérité mises en place par l’actuel président.

Pour faire face à la crise, le gouvernement Macri a sollicité l’aide du Fonds monétaire international (FMI) qui a décidé de lui octroyer un prêt de 57 milliards de dollars. Mais la majeure partie de cet argent a déjà été versée au pays, et il n’en reste quasiment rien aujourd’hui. Le gouvernement en a utilisé une grande partie pour rembourser d’autres dettes. Avec une récession de plus de 3 % du PIB prévue pour 2019, l’Argentine va avoir besoin de temps pour sortir de la crise.

Avec RFI