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À Beyrouth, face à face tendu entre manifestants et partisans du président

AFRIQUE & MONDE  /  2 Dec 2019

Au Liban, où le mouvement de contestation enclenché le 17 octobre se poursuit, un face à face tendu a eu lieu ce dimanche à Beyrouth entre de jeunes manifestants et des partisans du président Michel Aoun.

Avec notre envoyé spécial à Beyrouth,Nicolas Falez

Les manifestants, jeunes pour la plupart, voulaient s’approcher du palais présidentiel pour demander au chef de l’État Michel Aoun de lancer le processus de formation d’un nouveau gouvernement. L’armée a bloqué le pont et les manifestants ont dû rebrousser chemin.

« Ils ne nous prennent pas au sérieux. Nous voulons le changement. Ils ne le veulent pas, car s’il y a du changement c’est à notre profit et si rien ne change, c'est au leur, s'emporte un manifestant. C’est pour cela qu’ils nous maintiennent dans ce système politique ancien : parce qu’ils ne veulent pas de changement. Nous, nous voulons le changement. »

Pour éviter des frictions, l’armée libanaise a dû aussi tenir à distance un groupe de contre-manifestants, des membres du Courant patriotique libre, le parti du président Michel Aoun. « L'offensive morale et verbale n'a pas arrêté depuis 45 jours contre notre président, dénonce l'un d'eux. Ce n'est pas lui qui est responsable de la corruption qui a lieu depuis 30 ans. On est en train de voir de la haine, de la division, qui n'est pas acceptable. Chaque jour où l'on ne travaille pas bien nous coûte 140 millions de dollars », estiment-ils.

Entamé le 17 octobre, le mouvement de protestation populaire se poursuit sur fond de blocage politique et d'aggravation de la crise économique. Le Liban n’a plus de gouvernement depuis le 29 octobre et rien n’indique qu’une nouvelle équipe pourrait être prochainement formée.

Ecoutez le reportage: tensions à Beyrouth entre contestataires et partisans d'Aoun

Avec RFI