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Procès Kulik: condamné à 30 ans de prison, Willy Bardon tente de se suicider

AFRIQUE & MONDE  /  7 Dec 2019

Willy Bardon a été condamné à 30 ans de réclusion pour le viol, l'enlèvement et la séquestration d'Élodie Kulik, assassinée en 2002 avant de tenter de mettre fin à ses jours devant la Cour d'assisse de la Somme.

C'est l'épilogue d'un procès « hors norme » : Willy Bardon a été condamné ce vendredi 6 décembre à 30 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises de la Somme pour enlèvement et séquestration suivis de mort et le viol d'Élodie Kulik en 2002, mais a été acquitté du chef de meurtre.

Sur le banc des parties civiles, Jacky Kulik, le père de la victime, s'est effondré, en larmes, la famille et les proches présents derrière lui pleurant ou s'enlaçant. De son côté, Willy Bardon, abattu et tremblant, a été évacué hors de la salle d'audience après avoir avalé « quelque chose » - selon son avocat Stéphane Daquo - ressemblant à un cachet. À la suite de sa condamnation, Willy Bardon a en fait tenté de se suicider. Il était toujours en réanimation ce samedi mais son état est « stabilisé ».

« L'état de Willy Bardon a été stabilisé par les médecins au cours de la nuit » même si « son pronostic vital reste engagé », a déclaré à l'AFP le procureur d'Amiens Alexandre de Bosschère, ajoutant que « d'après les proches contactés cette nuit et d'après les analyses réalisées, il a absorbé un produit pesticide ».

Treize jours d'audience, 47 témoins et experts

À l'issue de 13 jours d'audience qui ont vu défiler 47 témoins et experts à la barre, relater les quelque 180 auditions menées par les enquêteurs, les jurés ont suivi les réquisitions de l'avocate générale, allant même au-delà en condamnant l'accusé pour le chef de viol.

Il s'agissait de juger des « atrocités » commises sur Élodie Kulik, employée de banque de 24 ans enlevée, violée, étranglée, puis brûlée en janvier 2002 à Tertry, à une vingtaine de kilomètres de Saint-Quentin dans l'Aisne. Avant de mourir, la jeune femme avait appelé les secours, un enregistrement glaçant de 26 secondes considéré comme la pièce maîtresse du dossier, qui a ébranlé la salle d'audience à de nombreuses reprises pendant deux semaines.

Le son d'une voix, mais pas d'ADN

Si la participation de Grégory Wiart, décédé en 2003 et dont on avait retrouvé l'ADN sur la scène du crime en 2012, est « indéniable », les deux hommes entendus sur l'enregistrement « font forcément partie de ses ravisseurs » et « le seul proche » qui est « reconnu sur la bande » par plusieurs témoins est Willy Bardon, a affirmé l'avocate générale, Anne-Laure Sandretto.

La défense a souligné les failles de l'enquête qui ne repose que sur cette bande sonore même si l'accusation a insisté sur le fait sur 12 témoins de l'entourage de Willy Bardon interrogés, « six sont formels et le reconnaissent » sur cet enregistrement.

La défense a soulevé de nombreuses zones de doute. Ce procès est celui « de la voix », mais « l'ADN de Willy Bardon, on ne l'a pas ! » a notamment lancé maître Gabriel Dumenil. Cela n'aura pas suffit à convaincre les jurés d'innocenter Willy Bardon.

Avec AFP et RFI