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Municipales à Paris: Griveaux et Villani s’entraînent vers le fond

AFRIQUE & MONDE  /  20 Jan 2020

À 50 jours du premier tour des élections municipales en France, la bataille de Paris s’accélère. Un sondage a mis ce week-end les équipes de campagnes en émoi. La socialiste Anne Hidalgo y accentue son avance et la candidate de droite Rachida Dati passe en seconde position. Panique dans le camp présidentiel.

« Il y a une vraie dynamique en faveur de Benjamin Griveaux ! » martèle ce lundi matin Marlène Schiappa, la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes, soutient du candidat de La République en marche à Paris. Et pourtant ! De nombreux observateurs ont bien du mal à vérifier cette dynamique. Au contraire, elle s’érode dans le dernier sondage Ifop. Le candidat désigné par le parti du président Emmanuel Macron est doublé par Rachida Dati, la candidate de la droite, désormais créditée de 19% des intentions de votes au premier tour, contre 15% pour Benjamin Griveaux. Juste derrière arrivent le candidat écologiste David Belliard (14%) et le dissident de la majorité présidentielle Cédric Villani (13%). Il n’en fallait pas plus pour que s’étalent au grand jour les tensions entre les camps Griveaux et Villani.

Griveaux ne décolle pas

La candidature dissidente de Cédric Villani fait plus que jamais enrager l’entourage de Benjamin Griveaux. Malgré l’adoubement et les moyens du parti présidentiel, malgré les ralliements de plusieurs personnalités parisiennes (comme celle de Pierre-Yves Bournazel), malgré les candidatures en soutien de plusieurs ministres (comme Marlène Schiappa et Agnès Pannier-Runacher et avant, sans doute, Agnès Buzyn), la candidature de Benjamin Griveaux ne décolle pas. Alors, depuis hier, l'ancien porte-parole du gouvernement remet la pression sur Villani pour qu’il se retire avant le 8 février, date du dépôt des listes.

Les cadres du mouvement font planer en coulisses la menace de son exclusion du parti. Mais rien n'y fait : tous les appels au rassemblement restent pour le moment lettre morte et, plus inquiétant, le scénario d’un rassemblement au second tour n’avance pas davantage. « Les signaux ne sont pas bons » reconnait un proche de Benjamin Griveaux, qui s’agace : « Il faut que tous les responsables d’En Marche travaillent sérieusement pour trouver une solution. » Au siège du parti, on temporise : « Je souhaite que le rassemblement ait lieu. Je ne regarde que le terrain, pas les sondages », explique Stanislas Guerini, le patron de La République en Marche.

Villani trace sa route

Dans le camp de Cédric Villani, on répète que c’est bien à Benjamin Griveaux de se retirer, pas l’inverse. « C’est lui le problème, pas nous », dit l’entourage de Cédric Villani, qui continue de dénoncer un Griveaux « trop clivant », « à la stratégie droitière vouée à l’échec ».

Le député mathématicien trace donc son chemin, il sort un livre ce mercredi (Le nouveau Paris, aux éditions Flammarion), et se présente comme « le meilleur dénominateur commun des progressistes et des écologistes ». Lui seul, pense-t-il, peut retrouver les près de 33% de voix recueillies par la liste En Marche aux dernières élections européennes à Paris. Car, sur le papier, la capitale française est la grande ville la plus gagnable pour le camp macroniste.

Macron reste muet

Malgré ce climat délétère, le chef de l’État Emmanuel Macron continue de ne pas intervenir. Il laisse pour le moment la situation se pourrir alors que les divisions du camp présidentiel favorisent Anne Hidalgo. La maire socialiste n’est rentrée en campagne qu’il y a quelques jours. Elle assure pour le moment le service minimum. La situation fait aussi le jeu de la candidate de la droite Rachida Dati. La maire du VIIe arrondissement, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, progresse de trois points dans le sondage Ifop. Elle se présente désormais comme le « vote utile » pour battre Anne Hidalgo. La lutte fratricide des macronistes a pour effet de faire renaître de ses cendres le clivage gauche/droite que la majorité rêvait pourtant d'enterrer.

Avec RFI