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Haïti: la police disperse violemment une manifestation de l'opposition

AFRIQUE & MONDE  /  19 Nov 2020

Ce mercredi 18 novembre, les différents partis de l’opposition avaient appelé à manifester à travers le pays. Dans la capitale, le cortège a été violemment réprimée par la police nationale, amplifiant la colère des militants qui réclament inlassablement la démission du président Jovenel Moïse.

Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

Quelques centaines de personnes ont manifesté contre le pouvoir sur l’un des principaux axes routiers de la capitale. Soudain, une voiture de police s’est approchée à grande vitesse de l’avant du cortège. Depuis l’intérieur du véhicule, les agents ont tiré à hauteur d’homme. De nombreuses grenades lacrymogènes ont ensuite été lancées sur les manifestants.

Parmi eux, Félicien Joubert dénonce cette répression : « Nous sommes en dictature : imaginez une population qui manifeste avec les mains en l’air et voilà que des agents de la police sont venus tirer sur elle. On demande à Joe Biden de nous porter secours, car Trump, lui, soutenait Jovenel ! »

Climat d'insécurité
Avant cette dispersion violente, les manifestants, à l’image de Wilber Saint Fort, ont surtout dénoncé le climat d’insécurité : « On en est arrivé à un point terrible dans le pays : on ne peut pas accepter d’être chacun de notre côté à rassembler l’argent d’une potentielle rançon. Nous estimons que des décisions doivent être prises pour qu’il n’y ait plus d'enlèvements. Il faut que ça change. Personne n’est à l’abri dans le pays. Pourquoi l’État ne peut-il pas garantir la sécurité de tous les Haïtiens ? »

Des heurts entre policiers et manifestants ont aussi éclaté dans l’après-midi sur la place du champ de Mars, à quelques dizaines de mètres du palais présidentiel.

Avec RFI